23 mai 2009
La sincérité des photographes amateurs
Trouvées, grâce aux suggestions de CanalBlog, sur Girofleemich, quelques photographies paysagères retiennent l'attention par la spontanéité et la simplicité de ce qu'elles souhaitent communiquer.
Je n'en montre qu'une, à titre d'exemple, pour inciter mes lecteurs à aller visiter ce blog. Cet échantillon est représentatif de l'ensemble de la série.
Chaque photo est un regard posé sur la nature à la faveur d'une promenade de printemps. Langueur des courbes de ce que l'on n'ose appeler des collines. Fraîcheur des couleurs. Brume légère sur un bosquet. Il est évident qu'une émotion proche de l'émerveillement est la cause directe, sans calcul, du déclenchement de l'obturateur.

Même fugace, l'émerveillement du promeneur contemplatif est la caractéristique fondamentale de la sincérité. Trop souvent réduite à l'acception péjorative de la naïveté, cette sincérité est plus fréquente chez les amateurs que chez les professionnels. Ces derniers sont évidemment capables d'émerveillements, mais leur statut les amène beaucoup plus souvent à agir par réflexe ou/et par calcul. Dans le meilleur des cas, le réflexe professionnel produit les chefs d'oeuvre d'Henri Cartier-Bresson. Dans le pire des cas, c'est "Le baiser de l'Hôtel de Ville", faux instantané sans intérêt.
On aura compris que je préfère le regard qui a prélevé ce paysage, à celui de Doisneau dans son oeuvre la plus célèbre.
Sur cette image, ma préférée, il y a complémentarité entre le rythme esquissé par la petite route serpentine et les accords des couleurs.
Le tracé ondule entre les timides vallonnements vers un point de fuite qui établit la profondeur de champ.
Quatre couleurs - vert, jaune, brun, bleu - forment un accord quasiment musical. Si le jaune en constitue la dominante (sol), alors le bleu en est la fondamentale (Do) et le vert, mélange de jaune et de bleu, fait office de sensible (Si). Difficile d'attribuer une position au brun qui n'entre pas vraiment en dissonance avec les trois autres "notes": la quarte (fa), peut-être, si délicate à intégrer dans l'harmonie.
Commentaires
Oui
L'image semble "sincère" aussi au plan de la retouche : sous-exposition assez marquée ;-) Les jaunes notamment auraient pu être un peu plus vifs. Mais je comprends qu'elle puisse plaire telle qu'elle est.
Sincérité
Vous avez sans doute raison à propos de la sous-exposition. Cette dame doit faire une confiance absolue aux automatismes de son appareil et je ne pense pas qu'elle utilise Photoshop, à la différence de certains professionnels qui en abusent.
Je crois qu'elle a été spontanément séduite mais qu'elle ne cherche pas à séduire par des interventions.
C'est après avoir regardé non pas une mais plusieurs se ses photographies, manifestement prises sans calcul à l'occasion de promenades, que j'ai cru discerner, justement, un regard chez cette personne. Il me semble qu'elle essaie de transmettre ses émotions brutes de promeneuse, sans interférences esthétisantes.
J'admire évidemment certains pros. Cette dame n'a rien à voir avec Cartier-Bresson ou Don McCullin. Mais je préfère le regard "brut" de cette promeneuse aux interventions trop calculatrices de certains autres pros.
Sain amateurisme
Je suis tenté de préférer cela moi aussi, a fortiori par rapport aux retouches faites par certains amateurs qui "jouent" avec Photoshop sans toujours savoir ce qu'ils font.
Nombre d'amateurs qui jouent à devenir des pros gagneraient à explorer plutôt les champs grands ouverts - et largement inexplorés - aux seuls amateurs. Vous savez, toutes ces idées photo géniales mais qui ne sont pas faites pour être commercialisées... ;-)
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