Le blog de campagne du New York Times propose un échantillon de caricatures politiques dans lequel on peut identifier quatre approches du portrait exagéré.

L'approche consensuelle: Barry Blitt projette ses personnagesCaricature_Barry_Blitt sur des stéréotypes connus de tous. John McCain est comparé à un vieux clown; Barak Obama se désarticule à la manière d'un danseur de claquettes, mélange de Valentin le Desossé et de Samy Davis Junior; Hillary Clinton est montrée comme une héroïne de cartoon. C'est l'approche la plus communicative car chaque dessin contient un message  avec une question, donc une réponse implicites: "Elle me fait penser à ...Et vous, qu'en pensez-vous ?"

Caricatures_Anita_Kuntz_ObamaL'approche scénarisée: Anita Kuntz place ses sujets dans ses configurations dynamiques. Ses caricatures ne fonctionnent pas sur l'exagération des traits. Cette loi du genre est atténuée au profit de la transposition. Les visages sont aussi ressemblants que possible. C'est le corps, ou le contexte du visage, qui produit le décalage humoristique dans la perception. Le procédé s'apparente au collage: un visage plausible collé sur un corps phantasmé. Obama est ainsi proposé en Superman parce que sa popularité génère des espérances irrationnelles.


L'approche intrusive. Steve Brodner va chercher dans les traits de son sujet quelque chose que personne ne voit. Le cas de McCain est le plus intéressant. La plupart des caricaturistes le montrent comme un vieux bouffon ou un vieux matou aux griffes limées avec de grosses joues rondes et des traits fripés. Brodner, lui, estime que l'exagération n'est pas le but mais le moyen de déceler quelque chose. Il ne voit, dans le visage de McCain que des angles et des amplifications inquiétantes.
Caricatures_McCain

L'approche névrotique. Rick Meyerowitz s'intéresse principalement à la manière dont il "ressent", lui, le personnage et surtout aux problèmes que lui pose la transformation de ce "ressenti" en un dessin. A l'opposé de l'approche consensuelle, cette manière de voir est un diagnostic sur la névrose du dessinateur. Le fait de montrer Obama en trompettiste de jazz n'apporte aucune information politique ou psychologique sur Obama: c'est juste le signe que Meyerowitz est sous le charme. A contrario, quand Meyerowitz résume Hillary Clinton par une silhouette méchante, il révèle son aversion, sa répulsion, une volonté d'humilier la sénatrice. On en sait plus sur les "poblèmes" du dessinateur que sur les prétendants à la Maison Blanche.

                                           Caricatures_Clinton_de_dos